19 ou 18 juillet 1936 ?

Les dates anniversaires ont toujours une place de choix dans la propagande. Avec toujours pour l’émetteur l’idée qu’il peut utiliser cette célébration en fonction de ses priorités politiques du moment.

Le mouvement libertaire fut le seul -entre 1936 et 1939- à célébrer les journées des 19 et 20 juillet au travers du 19, jour où les forces populaires repoussèrent les putschistes militaires à Barcelone, Bilbao, Madrid, Valence,…. Les autres organisations républicaines préférèrent glorifier la victoire du Front populaire (février 1936) ou l’avènement de la République (1931). Les communistes -eux- choisirent le 18 juillet (jour du soulèvement militaire)… comme Franco qui décréta le 18 juillet jour férié.

Si le 19 juillet sera glorifié par les libertaires jusqu’à la fin du conflit, force est de constater que la production graphique sera plus importante en 1936 jusqu’en juillet 1937. Par ailleurs, le traitement (texte et composition graphique) des affiches (cartes postales, revues, etc.) dépend du contexte dans lequel elle s’inscrit. C’est ainsi qu’un même dessinateur abordera des thèmes différents selon le moment où il conçoit les affiches :

  • Eté 1936, le prolétariat a défait les militaires. Vainqueur, il est debout (sur une barricade) et brandit son trophée : un fusil. Pas besoin de slogan son sourire, son assurance dit tout.

  • Hivers 36/été 37, la mobilisation. Un personnage occupe toute la place, il fait barrière, il n’est plus seul, le peuple est derrière lui, est-ce encore un milicien ou déjà un militaire ? A qui s’adresse le slogan : aux fascistes ou au gouvernement ?

  • 1938, la défaite est probable, il faut exalter les héros (un militaire) et les dernières défenses.

Pendant l’exil (1944 / 1975) et même encore aujourd’hui le choix de célébrer le 19 ou le 18 n’est pas innocent.