Chronologie

Brève chronologie  et liste des sigles les plus courants :

  • 1872, congrès de Saint Imier. Les sections française, italienne, jurassienne, espagnole, jettent les bases de l’anarchisme social organisé.

  • 1901, Francisco Ferrer ouvre les premières Écoles modernes qui s’inspirent des expériences pédagogiques développées, en France, par Sébastien Faure, Paul Robin,…

  • 1910, création de la CNT à partir des groupes issus de la section espagnole de l’Internationale.

  • 1911, Francisco Ferrer est « assassiné » légalement, malgré d’immenses manifestations internationales.

  • 1919-1921, la CNT compte 700 000 adhérents. Elle participe à plusieurs réunions lors de la création de l’Internationale des syndicats rouges à Moscou. Les délégués Angel Pastana, Gaston Leval, refusent la soumission au bolchevisme.

  • 1922, création de l’Association Internationale des Travailleurs qui regroupent les organisations anarcho-syndicalistes dont la CNT ; les Comités syndicalistes révolutionnaires (CGT-U / France) ; la FAUD (Allemagne) ; l’USI (Italie) ; la SAC (Suède) ; la CGT (Portugal) ; la FORA (Argentine), etc.

  • 1922, Salvador Segui (dirigeant de la CNT) est assassiné par des « pistorellos ». Des groupes de libertaires affinitaires (B. Durruti, les Frères Ascaso, G. Oliver, A. Ortiz,…) se forment pour défendre les militants et les œuvres anarchistes contre le terrorisme patronal : Nosotros et Los Solidarios sont les plus connus.

  • 1927, naissance de la Fédération Anarchiste Ibérique (FAI)

  • Avril 1931, naissance de la République, le roi Alphonse XIII quitte l’Espagne. Une coalition « républicano-socialiste » gagne les élections. Les premiers groupes de femmes anarchistes s’organisent au sein de la CNT.

  • 1931-1934, cycle des insurrections libertaires : en Andalousie (Casas Viejas) ; en Catalogne, en Aragon, en Asturies (octobre 1934). Cette dernière sera réprimée sauvagement (plus de 1000 morts).

  • 1932, création de la Fédération des Jeunesses Ibériques Libertaires (FJIL)

  • Octobre 1933, création des Phalanges par Primo de Rivera (organisation fasciste espagnole). La Phalange négocie avec Mussolini un accord d’entraide.

  • Novembre 1934 - 1936, retour de la droite au pouvoir : la CEDA. Plus de 100 000 personnes sont emprisonnées dont la plupart sont libertaires. La peine de mort pour « délits sociaux » est rétablie.

  • Février 1935, fondation du Parti Ouvrier d’Unification Marxiste (marxiste anti-stalinien).

  • Janvier- février 1936, dissolution de l’assemblée, puis élections. Exceptionnellement la CNT ne fera pas campagne en faveur de l’abstention. Victoire du Frente Popular : PSOE ; Gauche Républicaine ; catalanistes ; PCE, POUM… Conformément à ses engagements la gauche libère les prisonniers politiques.

  • 1- 15 Mai 1936, Congrès de la CNT à Saragosse : adoption du communisme libertaire. La CNT est la première force syndicale en Espagne (plus d’un million d’adhérent-e-s).

  • Avril 1936, fondation de la revue Mujeres Libres (femmes libres) par des militantes de la CNT.

  • Mai- juin 1936, nombreuses grèves à l’initiative de la CNT. La tension s’accroît entre le gouvernement et les syndicalistes et d’autre part mobilisation de la droite et de l’armée. Le gouvernement fait emprisonner certains leaders syndicaux de la CNT dont Cipriano Mera (grève générale du bâtiment à Madrid).

  • 17 juillet, soulèvement de l’armée au Maroc, appel à la mobilisation de la CNT et de l’UGT. Le gouvernement républicain refuse de donner des armes aux organisations syndicales.

  • 18 juillet, soulèvement fasciste. Aux Iles Canaries le général Franco, « surveillé» par les libertaires, échappe de peu à un attentat organisé par la CNT locale, il se dirige vers l’Espagne.

  • 19 juillet, contre-offensive ouvrière dans toutes les grandes villes.

  • 21 juillet, création du comité central des milices à Barcelone (présidé par Garcia Oliver de la CNT). Il regroupe l’ensemble des organisations ouvrières, révolutionnaires et républicaines. Il dirige de fait la Catalogne. Départ des premières Colonnes de milicien-e-s -CNT et UGT- vers les villes et les provinces contrôlées par les fascistes.

  • Juillet-août 1936, contre l’avis de l’Internationale Communiste, des milliers de volontaires étrangers : Français, Italiens, Allemands, Anglais,… intègrent les milices ouvrières pour combattre le fascisme. Georges Orwell (Hommage à la Catalogne), Benjamin Perret (du groupe surréaliste), la philosophe Simone Weil participent aux colonnes du POUM ou de la CNT. Les gouvernements de « gauche » français et anglais prônent la NON intervention. La CNT dira : « pendant qu’Hitler et Mussolini envoient des troupes et des chars à Franco, Léon Blum nous propose des ambulances ! ».

  • Juillet-août 1936, les congrès locaux, régionaux (CNT et UGT) de paysans et d’industries prononcent la collectivisation des terres, des usines et des services publics (santé, transports, éducation, culture, électricité,…). Le communisme libertaire est proclamé dans de nombreuses communes, et cantons. Dans certains cantons l’argent est aboli. Création de la Nouvelle Ecole Unifiée de Catalogne (CENU) s’inspirant de la pédagogie de Francisco Ferrer.

  • Été 1936, entrée des anarchistes dans toutes les instances « officielles » républicaines.

  • Automne 1936, Début de la « bataille de Madrid ». Décidées par Staline et dirigées par André Marti (surnommé le boucher d’Albacete), les premières brigades internationales arrivent sur le front de Madrid. Le gouvernement républicain fuit Madrid pour s’installer à Valence. Il échange l’or de la Banque d’Espagne contre des armes avec Staline. Création des conseils de défense d’Aragon et d’Asturies (animés par la CNT) et de la Junte de défense de Madrid.

  • 19 novembre, mort de Buenaventura Durruti sur le front à Madrid.

  • Hiver 1936-1937, malgré la victoire des anti-fascistes à Madrid, premiers revers des milices dont l’avance est stoppée par le manque d’armement lourd (aviation, chars, canons,…). Hitler envoie la division « Condor » (5000 hommes) à Cadiz pour aider Franco. Le gouvernement Blum interdit « officiellement » le passage des volontaires à destination des zones « républicaines ».

  • Les communistes entament leur campagne de dénigrement systématique des milices, des collectivités libertaires agraires et industrielles et surtout des organisations anarchistes et trotskistes. Le POUM est exclu de la « généralité » de Catalogne. Un congrès du PCE à Valence dénonce le POUM comme une organisation fasciste. Staline propose de fusionner le PSOE (socialiste) et le PCE (communiste). Les armes républicaines (soviétiques) ne sont pas distribuées aux milices de la CNT et du POUM.

  • Février 1937, plénum des colonnes confédérales et libertaires à l’initiative de la Colonne de Fer. Thème : la militarisation des milices voulue par le gouvernement républicain et approuvée –sans débat interne- par le Comité national de la CNT. De nombreux militants libertaires refusent l’incorporation forcée, la conscription obligatoire et la militarisation. La censure gouvernementale prend de l’ampleur dans la presse libertaire, en avril certains journaux et revues libertaires sont interdits.

  • Mars 1937, deuxième victoire anti-fasciste à Madrid. Les fascistes italiens sont mis en déroute à Guadalajara. Les « Colonnes du Centre » de la CNT prennent une part prépondérante dans cette victoire.

  • Printemps 1937, les troupes franquistes lancent une offensive dans la poche du Nord Ouest : Asturies et Pays basque, la ville de Guernica est bombardée. Pendant ce temps là,… A Vilanesa, un groupe communiste prend d’assaut la permanence syndicale CNT, tous les présents sont assassinés.

  • 1er mai 1937, les défilés syndicaux unitaires sont annulés.

  • 3-15 mai 1937, contre-révolution communiste à Barcelone. Des troupes tentent de prendre d’assaut certains bâtiments contrôlés par la CNT. Plusieurs centaines de militants du POUM, de la CNT et des FJIL disparaissent, sont assassinés, parmi les plus célèbres : Andrés NIN (dirigeant du POUM), Camillo Berneri (militant anarchiste italien).

  • Mai -septembre 1937, les prisons staliniennes se remplissent de combattant antifascistes. Les troupes du général Lister (communiste) détruisent les collectivités autogestionnaires d’Aragon qui se reconstituent après son passage. Dissolution du conseil de défense d’Aragon. Chute du gouvernement Caballero, départ des ministres anarchistes. Le nouveau gouvernement rétablit la primauté de la propriété privée sur les collectivisations.

  • Mai-juin 1937, congrès international de l’AIT. Après d’âpres débats, les positions officielles de la CNT sont approuvées. La CNT fonde : Solidarité Internationale Antifasciste (SIA) dont l’objectif est d’organiser l’entraide internationale avec l’Espagne.

  • Hivers 1937-1938, bataille autours de Teruel. D’abord prise par les républicains, cette ville sera reprise par les troupes fascistes en février 1938. Sur proposition du gouvernement anglais, le gouvernement Negrin accepte la dissolution et le retrait des brigades internationales.

  • Mars 1938, nouvelle plate-forme unitaire CNT-UGT.

  • Juillet-août 1938 : Bataille de l’Ebre. Défaite de l’armée républicaine. La nationalisation de l’industrie met fin au contrôle des usines par les ouvriers et leurs syndicats. A Madrid et en Catalogne la fédération des métallos CNT refuse ce dictat.

  • Septembre 1938, les accords de Munich entre d’une part la France et l’Angleterre et d’autre part l’Allemagne et l’Italie fasciste mettent fin aux espoirs de l’Espagne anti-fasciste.

  • 1939, offensive contre Barcelone (février) et Madrid (mars). Début de la « Retirada », 500 000 personnes passent par les Pyrénnées. Les combattants sont parqués dans des camps de concentration.

  • 1er Avril 1939, fin des combats. La répression franquiste s’intensifie des centaines de milliers d’individu-e-s sont fusillés, autant sont emprisonnés, déportés,…

  • 1939, Hitler et Staline signent le pacte « germano soviétique ». Leurs armées envahissent la Pologne ce qui déclenchera la deuxième guerre mondiale.

  • 24 Août 1944 : la 9è compagnie de la 2è DB entre dans Paris. Cette compagnie est quasiment constituée d’antifascistes espagnol (socialistes, communistes, anarchistes).

  • 1944 – 1975 : La Guerre est finie, mais la lutte continue. Des maquis seront actifs jusqu’à la fin des années 1950. Les frères Sabate (arrêtés en 60), le groupe du 1er Mai (1964,…) ou Salvador Puig Antich seront les camarades les plus visibles de cette lutte contre le franquisme.

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Sigles

  • AIT : Association Internationale du Travail

  • CNT : Confédération Nationale du Travail (anarcho-syndicaliste)

  • FAI : Fédération Anarchiste Ibérique

  • FJIL : Fédération des Jeunesses Ibériques Libertaires

  • ML : Mujères Libres Fédération des groupes Femmes Libres

  • SIA : Solidarité Internationale Antifasciste (en Espagne et en France)

  • PCE : Parti Communiste Espagnol

  • PSUC : Parti Communiste en Catalogne

  • JSU : Jeunesse Communiste

  • PSOE : Parti Socialiste Ouvrier Espagnol

  • UGT : Union Générale des Travailleurs (socialiste)

  • POUM : Parti Ouvrier d’Unification Marxiste (anti-stalinien)

  • UHP : Union des Frères Prolétaires (Comité unitaire regroupant : anarchistes, socialistes, communistes, trotskistes)

  • CEDA : Confédération espagnole des droites autonome.

  • CLUEA et CEA : Coopératives d'exportation d'agrumes fondées par les collectivités paysannes du Levant. La CLUEA plutôt proche de la CNT et la CEA de l'UGT.
  • CENU : Ecole nouvelle unifiée (de Catalogne)